5ème rendez-vous à la maison de retraite de Chef-Boutonne.

Lundi 04 Juin 2018

5ème rendez-vous à la maison de retraite de Chef-Boutonne.

 

Edith, Michel, Jacky, Régine, Georges et Jean sont autour de la table. Nous ne verrons plus Claude car il est parti avec sa femme dans une autre maison de retraite afin de se rapprocher de leurs enfants. 

Tous les résidents semblent heureux de se retrouver et les discussions commencent, les messieurs d'un côté et les dames de l'autre.

La bonne humeur est au rendez-vous et me donne l'idée de demander si certains aiment chanter. C'est Régine qui se met à nous interpréter "le p'tit quiquin" traduction "Le petit enfant", originaire du Nord-Pas-de-Calais, berceuse chantée pour la première fois à Paris en 1865. Cette chanson illustre la vie intime des ouvrières dans le Nord du XIXe siècle. Elle est devenue l'hymne officieux et populaire de la ville de Lille.

Suite à quoi, ces Messieurs enchainent sur la météo, la destruction des récoltes aussi bien dans notre région que dans le Bordelais où les vignes ont été dévastées par endroits, puis le changement de climat du à la pollution, à l'industrie et aux méthodes agricoles, à la déforestation. 

Je leur fait donc imaginer que nous sommes un gouvernement et leur demande de me faire des propositions de lois pour améliorer les choses. L'un des résidents me répond " Les gens devraient être plus gentils les uns envers les autres". "Il y a trop d'agressivité et de violence".

Je ne sais pas si cela changerait les conditions climatiques et si ça suffirait à soigner notre belle planète mais il est certain que ce serait un pas important vers un peu plus d'humanité. La montée de la violence est un fait avéré, bien que je reconnais avoir entendu un historien la semaine dernière à la radio faire état des conditions de vie sous la Rome antique. A cette époque, plus de mille hommes et animaux étaient mis à mort dans les arènes pour les jeux, ce qui distrayait énormément un grand public. La violence est différente aujourd'hui, mais nous sommes au XXIe siècle et pouvons nous dire que nous avons vraiment évolué à ce sujet. 

 

Mercredi 30 Mai 2018

Mercredi 30 Mai 2018

7ème rendez-vous à la MARPA de Couture d'Argenson

Sont présents aujourd'hui : Raymonde, Paulette, Solange, Monique, Renée, Pierre et Josette.

Le sujet proposé est "les vieux métiers"

Chacun énonce un de ces métiers oubliés:

 le forgeron et le bourrelier (indispensables puisque l'on se servait des chevaux). Les battages, le cordonnier, le sabotier, le rémouleur,le berger, le bouvier, le bûcheron, le meunier, la dentelière, le chapelier, le cheminot du temps des locomotives à vapeur, le débardeur qui est remis au goût du jour car il est évident que les chevaux abîment moins les sous-bois et peuvent accéder à certains endroits escarpés par exemple, contrairement aux gros engins motorisés, le barbier, le perruquier, les lavandières, ce qui nous amène à la fameuse Bugée sur laquelle nous nous attardons.  J'ai trouvé un commentaire sur ce sujet que j'ai envie de vous faire partager car je le trouve intéressant et bien écrit. Cet article décrit très bien la façon dont se faisait la lessive à cette époque. 

La bugée, bughée, buée ou lessive à la cendre.

Le linge de corps, les vêtements de travail, et le linge de couleur était lavé au savon de Marseille chaque semaine.Le gros linge (draps, torchons, serviettes) était lavé à la cendre deux fois par an, au printemps avant les Rameaux, et à l’automne vers la Toussaint.

Les draps étaient changés chaque mois. Après un rapide lavage à l’eau claire puis plus tard au savon de Marseille, suivi d’un rinçage, étaient séchés puis étendus dans les greniers en attendant le jour de la « bugée ». On disait « essanger ». Et parfois 30 à 40 paires de draps attendraient ainsi le jour de la « bugée »  ou lessive d’autrefois.

La bugée avait pour but de faire bouillir le linge afin de lui rendre toute sa blancheur : la cendre (car elle contient des phosphates) remplaçait la lessive.

Diverses opérations devaient être effectuées préalablement. La cendre, bien tamisée, était préparée à l’avance et ensachée exempte de résidus de charbon. La veille de la « bugée », les draps et le linge étaient descendus des greniers et mis à tremper dans des cuves jusqu’à la fin de l’après midi. Là, on le retirait pour le mettre à égoutter sur des tréteaux ; les draps étaient tordus pour s’égoutter vite.

Côte à côte, une ou deux « ponnes » (cuve en terre cuite de 100 à 200 litres) étaient posées sur un socle en maçonnerie ou en bois. A coté et dessous : le chaudron (poêlonne, cuve en fonte chauffée au feu de bois). Au fond des « ponnes » la cannelle, drain en bois de sureau qui recueillait l’eau et le conduisait au-dessus de la « poêlonne ». L’orifice de sortie de l’eau pouvait être obturé par un « tapon » (bouchon) en bois étanché par du tissu enroulé.

Au fond de chaque « ponne », au-dessus de la cannelle, un sac de cendre était posé sur un lit de sarments de vigne ou sur des tuiles. Le linge était disposé soigneusement dans la ou les « ponnes » dont une était réservée aux draps. Ce linge, disposé à plat, devait baigner dans sa totalité. Ensuite, quelques racines d’iris étaient insérées afin de le parfumer. Enfin, les « ponnes » dont les cannelles étaient obturées par les « tapons » et la « poêlonne »étaient remplies d’eau.

Le lendemain matin, le feu était allumé sous la « poêlonne ». L’excédent d’eau bouillante était recueilli à l’aide d’un « potin » en fer blanc (sorte de casserole à manche) pour être déversé sur le linge des ponnes. Les « tapons » de ces dernières étaient tour à tour enlevés (et remis) de façon à laisser s’écouler au fur et à mesure le jus (« lessis ») dans la « poêlonne ». Ces opérations fastidieuses appelées « faire rouler la lessive » se répétaient inlassablement toute la journée. Ce travail très long était très fatiguant.

Le lendemain était consacré à la « laverie ». Le linge sorti des « ponnes », « poêlonnes », cuves ou bassines, était chargé sur des charrettes ou brouettes, puis amené à la mare.

C’est alors que les femmes lavaient le linge. En le tordant et le battant. Les battoirs marchaient « fort » mais il parait que les langues aussi.

Les laveuses prenaient soin de faire dans la cendre, en fin d’après-midi, des pommes de terre pour régaler les enfants à la sortie de l’école.

Le linge était rincé, tordu, avant d’être étendu au soleil sur l’herbe, parfois sur des haies taillées. On pouvait aussi le suspendre sur un fil tendu entre deux arbres ou deux piquets.

Le soir venu, dès que ce linge était sec, il était chargé sur des brouettes, rapporté à la maison et plié sur des chaises. Deux jours plus tard, les chemises des hommes, les serviettes et mouchoirs étaient repassés. Tout était rangé dans les armoires d’où émanaient ensuite des odeurs d’iris.

La « bugée » était alors terminée et on se donnait rendez-vous : « à dans six mois ! »

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